Le rêveur

                            
                                           Sur un chemin qui ne mène je ne sais où,
                                           je me présente, si ordinaire et dépourvu de capacités,
                                           transformé par le temps, comme désuet et vieux, 
                                           entraîné chaque jour à aller plus vite, voir plus grand,
                                           viser plus loin dans la vie.



                                           Malheureusement, ma conscience a refusé d’assumer 
                                           ce cauchemar devenu réalité. 
                                           Devant lui je me présente donc sous un jour nouveau.
                                           Un jour qui n’est point de cette époque macabre,
                                           un jour où il fait bon vivre, respirer les fleurs,
                                           donner confiance et amour en abondance.
                                           Où les enfants rient, où les aînés redeviennent jeunes, 
                                           où le temps est arrêté depuis bien longtemps, 
                                           où les insectes peuvent discuter tranquillement avec le vent,
                                           où les épis de blé chantent de toutes leurs forces 
                                           pour que les étoiles scintillent encore plus fort, 
                                           où les frontières sont enfuies, où le soleil réchauffe le cœur, 
                                           où les sentiments ne sont points noyés et confondus. 
                                           Cette époque où l’hypocrisie, le racisme, la routine 
                                           et l’envie sont  des choses inexistantes.  


                                           Et sur ma branche d’arbre, je pense…
                                           À tous ceux qui ne savent voir la réalité de la vie,
                                           ceux dont les jours sont nuageux et  froids, 
                                           qui ne savent le sens d’un sourire ou d’un simple baiser.
                                           Mais je me réconforte en voyant que la lune veille sur moi 
                                           Comme une mère sur son nouveau-né.